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Washington "très inquiet" pour les droits de l'homme en Tanzanie

09 novembre 2018 à 16h42 Par AFP
Les Etats-Unis se sont dits vendredi "très inquiets" des violations des droits de l'homme en Tanzanie et de "l'atmosphère de violence, intimidation et discriminations" imputée au gouvernement de Dar es Salaam. "Nous sommes troublés par les arrestations incessantes et le harcèlement de personnes marginalisées, parmi lesquelles les lesbiennes, les gays, les bisexuels et les transgenres, et d'autres qui tentent d'exercer leurs droits à la liberté d'expression, d'association et d'assemblée", a déclaré la porte-parole de la diplomatie américaine Heather Nauert dans un communiqué."La loi est utilisée pour restreindre les libertés civiles pour tous", a-t-elle protesté, jugeant que cette situation nuisait au développement économique et à la paix."Nous appelons les autorités tanzaniennes à agir de manière ferme pour préserver les droits des organisations de la société civile, des défenseurs des droits de l'homme, des journalistes, du personnel soignant, des militants politiques et de tous les autres", a-t-elle ajouté.La détérioration du climat politique dans ce pays d'Afrique de l'Est alarme depuis plusieurs mois les Etats-Unis et l'Union européenne.Depuis son accession au pouvoir en 2015, le président John Magufuli a été critiqué par des organisations de défense des droits de l'homme et de la société civile pour son autoritarisme, ses détracteurs l'accusant de réprimer l'opposition et la liberté d'expression. Ces derniers jours, les associations se sont notamment mobilisées contre les déclarations du gouverneur de la province de Dar es Salaam, membre du parti au pouvoir, qui a appelé ses administrés à dénoncer les homosexuels, promettant des arrestations.Et cette semaine, deux membres du Comité de protection des journalistes (CPJ) ont été brièvement interpellées à leur hôtel dans la capitale.