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Soudan: l'UE demande la libération de tous les opposants détenus "arbitrairement"

11 janvier 2019 à 20h19 Par AFP
L'Union européenne a appelé vendredi à la "désescalade" en réaction aux violences qui émaillent des manifestations antigouvernementales au Soudan, et demandé aux autorités de libérer tous les opposants détenus "arbitrairement", selon un communiqué d'une porte-parole de la diplomatie de l'UE. "Nous attendons du gouvernement soudanais qu'il libère tous les journalistes, membres de l'opposition, défenseurs des droits de l'homme et autres manifestants détenus arbitrairement et qu'il mène une enquête approfondie sur les récents décès et abus", indique le communiqué."Dans ce contexte, le comité d'enquête annoncé par le gouvernement (...) fera l'objet d'une surveillance étroite", est-il ajouté.Au moins 22 personnes sont mortes, selon un bilan officiel, et un millier d'autres (dont des journalistes et des leaders de l'opposition) ont été arrêtées en trois semaines de manifestations contre le régime du président soudanais Omar el-Béchir.Vendredi, les forces anti-émeutes soudanaises ont tiré des gaz lacrymogènes sur des manifestants antigouvernementaux sortis dans les rues de la capitale Khartoum et de la ville jumelle de Omdourman après la prière hebdomadaire.La cheffe de la diplomatie de l'UE Federica Mogherini, par la voix d'une porte-parole, appelle toutes les parties à la "désescalade" et à la "retenue". "Les autorités soudanaises sont censées garantir le droit à la liberté de réunion, d'association et d'expression, conformément au droit international", ajoute-t-elle."Toutes les parties doivent faire preuve de retenue et s'abstenir de toute nouvelle violence afin de désamorcer la situation", indique encore le communiqué.Le Soudan est en proie à une crise économique qui s'est aggravée au cours de l'année écoulée, avec notamment une forte pénurie de devises étrangères. La vague de protestation actuelle a été déclenchée par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain en décembre.Vendredi la Commission nationale des droits de l'homme au Soudan a condamné "l'usage de balles réelles contre les citoyens", ainsi que le tir de gaz lacrymogènes mercredi dans un hôpital de Omdourman, où trois manifestants sont morts, selon la police. C'est la première fois qu'un organisme gouvernemental reconnaît l'usage de balles réelles contre les manifestants.