Dépêches AFP

Mandat d'arrêt de la Guinée équatoriale contre un avocat français

24 janvier 2019 à 12h33 Par AFP
La Guinée équatoriale a lancé un mandat d'arrêt contre 16 personnes de diverses nationalités, dont l'avocat français William Bourdon, pour "blanchiment de capitaux et financement du terrorisme", selon un communiqué lu jeudi à la radio d'Etat. Le tribunal de Malabo a lancé ces mandats pour "la recherche, la capture et l'arrestation" des Français William Bourdon et Daniel Lebègue, de l'opposant équato-guinéen en exil en Grande-Bretagne Salomon Abeso Ndong et du Camerounais Fokou Jean.Ce mandat vise également un groupe de jeunes entrepreneurs et magistrats équato-guinéens partis en Espagne fin 2017, selon le communiqué.Ces 16 personnes sont soupçonnées d'être impliquées dans le financement d'une tentative de coup d'Etat contre le régime du président Teodoro Obiang Nguema, que les autorités équato-guinéennes disent avoir déjouée fin 2017.L'avocat français William Bourdon est connu pour être la figure de proue des poursuites contre plusieurs responsables africains pour "biens mal acquis", des biens achetés en France avec des fonds supposés publics.L'autre Français visé, Daniel Lebègue, est l'ex-président de l'ONG anti-corruption Transparency International.Le 27 octobre 2017, Teodorin Obiang, vice-président et fils du président équato-guinéen, a été condamné à Paris à trois ans de prison avec sursis et à 30 millions d'euros d'amende avec sursis pour "biens mal acquis".Le tribunal de Malabo a dans un premier temps invité les personnes recherchées à venir d'elles mêmes comparaître dans la capitale équato-guinéenne. Dans le cas contraire, elles seront considérées comme des "rebelles", selon le communiqué."Nous avons des accords avec plusieurs Etats, dont la France, car la Guinée équatoriale est membre d'Interpol. Mais ces pays restent souverains dans leur décision de collaboration", selon une source proche du régime équato-guinéen.Malabo ne cesse de mener des purges, parfois même au sein du pouvoir, depuis la tentative de coup et le procès de mercenaires présumés du coup avorté pourrait se tenir en février.Ces mercenaires - des Tchadiens, des Centrafricains et des Soudanais - sont soupçonnés par Malabo d'avoir agi à la demande d'opposants équato-guinéens, avec le soutien de puissances étrangères.