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Des ONG réclament la libération d'un blogueur "symbole de la répression en Mauritanie"

08 novembre 2018 à 19h58 Par AFP
Plus de trente organisations de défense des droits de l'homme, dont Amnesty International, ont lancé jeudi à Dakar une campagne internationale pour réclamer la libération d'un blogueur mauritanien "symbole de la répression en Mauritanie" en principe libérable depuis un an, mais maintenu au secret. Mohamed Cheikh Ould Mkhaïtir, 35 ans, arrêté en janvier 2014 dans son pays pour blasphème, est un "symbole de la répression en Mauritanie", a déclaré à la presse dans la capitale sénégalaise Kiné Fatim Diop, responsable de cette campagne pour Amnesty International.Bien qu'ayant exprimé son repentir, le jeune homme avait été reconnu coupable d'apostasie pour un article sur internet taxé de blasphème envers le prophète de l'islam, Mahomet. En première instance, il avait été condamné à mort le 24 décembre 2014 par la Cour criminelle de Nouadhibou (nord-ouest).Le 10 novembre 2017, la cour d'appel de cette ville côtière avait revu à la baisse la sanction, le condamnant à deux ans de prison ferme. Ayant déjà passé quatre années en détention provisoire, M. Ould Mkheitir aurait donc dû retrouver la liberté selon cette décision de justice.Mais, "depuis un an, il est maintenu au secret. Il n'a quasiment pas de contact avec sa famille. Ses avocats ont demandé des visites" sans les obtenir, a dénoncé Mme Diop lors de la présentation de cette campagne soutenue par Human Rights Watch et plusieurs associations mauritaniennes.Les autorités mauritaniennes ont déclaré en mai qu'il était en "détention administrative pour sa propre sécurité".Mais les militants des droits de l'homme sont "très inquiets de son état de santé physique et mentale", selon la responsable de la campagne pour Amnesty."Nous espérons que toutes les voix qui se sont mobilisées en Mauritanie et au niveau international pourront mettre la pression sur le gouvernement mauritanien", a-t-elle ajouté. "On s'adresse à l'ensemble des partenaires techniques et financiers de la Mauritanie. C'est à l'Union africaine et aux autres pays de la région d'interpeller la Mauritanie", a précisé François Patuel, chercheur Afrique de l'Ouest à Amnesty.L'annonce de la réduction de sa peine en appel avait provoqué des manifestations de protestation et le gouvernement mauritanien a, en avril 2018, adopté un projet de loi durcissant la législation contre les auteurs d'apostasie et de blasphèmes, rendant la peine de mort obligatoire contre les auteurs de ces infractions même en cas de repentir.La peine capitale n'a plus été appliquée en Mauritanie depuis 1987.