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Nigeria: nouveaux affrontements meurtriers entre Boko Haram et les forces de l'ordre

25 octobre 2013 à 19h56
Maiduguri (Nigeria) (AFP)

L'armée nigériane a annoncé vendredi avoir tué la veille 74 islamistes présumés dans l'Etat de Borno, le jour-même où d'autres membres présumés de Boko Haram menaient une vaste attaque contre la police dans un autre Etat du nord-est, celui de Yobe, faisant un "nombre indéterminé de victimes".

Ces nouvelles violences surviennent cinq mois après le début de l'offensive militaire censée mettre fin à l'insurrection islamiste de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria.

L'opération de l'armée, qui a eu lieu jeudi contre deux villages proches de Maiduguri, capitale de Borno et fief historique de Boko Haram, fait suite à une autre intervention, lundi, qui avait fait 37 morts parmi les islamistes, toujours dans l'Etat de Borno, selon l'armée.

"Des opérations combinant des combats au sol et des attaques aériennes ont mené à la destruction de camps terroristes identifiés, tuant 74 militants présumés", a déclaré Mohammed Dole, porte-parole de l'armée dans cette zone.

Il s'agit du dernier épisode d'une offensive militaire d'envergure lancée en mai dans trois Etats du nord-est afin de venir à bout de l'insurrection islamiste qui secoue le nord-est du pays depuis quatre ans.

Boko Haram revendique la création d'un Etat islamique dans le nord du Nigeria, majoritairement musulman, au contraire du sud, à majorité chrétienne.

L'armée soutient que son offensive dans le nord-est a affaibli la secte islamiste, mais cela n'a empêché de nombreuses attaques ces dernières semaines, qui ont tué des centaines de civils, dont de nombreux étudiants. 

Cette même journée de jeudi, à Damataru, capitale de l'Etat de Yobe, des membres présumés de Boko Haram ont mené une vaste attaque coordonnée contre au moins quatre bâtiments de police, entraînant une riposte des forces de l'ordre, ont déclaré vendredi un responsable de la police et des habitants.

Ces attaques qui ont débuté jeudi en fin de journée et ont duré jusque tard dans la nuit, ont fait "un nombre indéterminé de victimes", selon le responsable de la police parlant sous couvert d'anonymat.

"Ils ont envahi la ville en grand nombre, à bord de véhicules et à pied, venant de plusieurs directions, et ils ont lancé des attaques coordonnées contre les installations de la police avec des armes et des explosifs, et il y a eu des échanges de tirs nourris avec les soldats et les policiers jusque tard dans la nuit", a rapporté ce responsable.

"Ils ont réussi à brûler le poste de commandement de la police, le département des enquêtes criminelles, le siège de la police mobile et le commissariat de police de la division C, tous situés à la sortie de la ville", a-t-il précisé.

Les assaillants ont commencé par attaquer un checkpoint militaire situé en dehors de la ville, mais ont été repoussés par les soldats, alors ils ont attaqué la police à Damaturu, a relaté la même source.

"Nous n'avons pas dormi la nuit dernière à cause de la peur et à cause du bruit des coups de feu et des explosions partout dans la ville, qu'on aurait dit assiégée par les hommes armés de Boko Haram", a relaté un habitant, Haruna Sadi.

"Les gens sont encore chez eux à cause d'un couvre-feu de 24 heures annoncé par l'armée à la radio, qui a demandé à tout le monde de rester à la maison pendant qu'elle mène des opérations contre les hommes armés" a-t-il ajouté.

L'armée nigériane n'a pu être jointe pour commenter l'attaque de Damaturu.

Les attaques de Boko Haram et leur répression sanglante ont fait au moins 3.600 morts depuis 2009 selon l'ONG Human Rights Watch. 

Mais ce bilan a sans doute déjà augmenté depuis la dernière estimation de l'ONG, au vu des nombreuses attaques de ces dernières semaines.

Le président Goodluck Jonathan a demandé aux dirigeants de l'armée, le mois dernier, de redoubler d'efforts dans leur lutte contre les islamistes.