9 février 2018

Libye : un mort et 149 blessés dans un attentat à Benghazi

L'intérieur d'une mosquée de la ville libyenne de Benghazi frappée par un attentat le 9 février 2018 ©AFP


Benghazi (Libye) (AFP)

Une personne a été tuée et 149 blessées, dont certaines grièvement, dans un attentat ayant frappé vendredi une mosquée de la ville de Benghazi, la deuxième de Libye, selon le ministère de la Santé des autorités parallèles basées dans l’est du pays.

Deux bombes ont explosé au début de la grande prière hebdomadaire dans l’enceinte de la mosquée Saad Ibn Abou Abada, dans le centre de Benghazi, à 1.000 km à l’est de la capitale Tripoli, a précisé à l’AFP une source des services de sécurité.

Un engin explosif était placé dans un cercueil dans la cour de la mosquée et l’autre, à l’entrée, dans une armoire à chaussures, a-t-elle précisé.

Des témoins ont indiqué avoir vu des ambulances transportant des blessés.

Selon Moataz Trabelsi, un porte-parole du ministère de la Santé du gouvernement parallèle d’Abdallah al-Thenni, l’attentat a fait un mort et 149 blessés parmi les fidèles. Un bilan précédent de source hospitalière faisait état d’un mort et 62 blessés.

La mission de l’ONU en Libye (Manul) a "condamné fermement" l’attentat sur son compte Twitter, rappelant que "les attaques directes ou aveugles contre les civils" constituent "des crimes de guerre". 

Benghazi a été meurtrie par un double attentat le 23 janvier, également devant une mosquée, qui a fait près de 40 morts.

-’Attaques de vengeance’ -

Cet attentat n’a pas été revendiqué mais a illustré une instabilité persistante dans cette région contrôlée par les forces du maréchal controversé Khalifa Haftar, hostile au gouvernement en place à Tripoli et reconnu par la communauté internationale.

La Manul a mis en garde vendredi contre de possibles "attaques de vengeance", après l’exécution d’une dizaine de jihadistes présumés par un commandant libyen, au lendemain de l’attentat du 23 janvier.

Ce commandant, Mahmoud Al-Werfalli, fait l’objet depuis le 15 août 2017 d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale qui l’accuse de "crimes de guerre".

Il est soupçonné notamment d’être impliqué dans au moins sept incidents en 2016 et 2017, au cours desquels il aurait lui-même tiré sur des civils ou des combattants blessés ou ordonné leur exécution.

L’officier avait annoncé dans la nuit de mardi à mercredi s’être rendu à la police militaire de l’Armée nationale libyenne (ANL, auto-proclamée par le maréchal Haftar) à la suite d’un mandat d’arrêt émis à son encontre par l’homme fort de l’est libyen.

Il n’était pas possible toutefois de vérifier cette information de source indépendante.

La ville de Benghazi a été particulièrement touchée par des violences visant notamment les représentations diplomatiques et les forces de sécurité.Une attaque contre le consulat américain, le 11 septembre 2012, a coûté la vie à l’ambassadeur Christopher Stevens ainsi que trois autres Américains.

Plus de six ans après la révolte qui chassa du pouvoir le dictateur Mouammar Kadhafi, la Libye reste minée par l’insécurité et les rivalités politiques.

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