12 octobre 2017

Liberia : Weah et Boakai en tête de la présidentielle, un second tour encore incertain

Dépouillement des bulletins de vote lors de la présidentielle, le 10 octobre 2017 à Monrovia, au Liberia ©AFP


Monrovia (AFP)

Le sénateur George Weah, légende du football, et le vice-président Joseph Boakai, les deux favoris de la présidentielle au Libéria, étaient en tête des premiers résultats partiels annoncés jeudi par la Commission électorale.

Mais, 48 heures après le vote, ces premiers résultats ne permettaient pas de déterminer si l’un des deux pourrait succéder dès le premier tour de scrutin à Ellen Johnson Sirleaf, première cheffe d’Etat en Afrique, a indiqué la Commission électorale nationale (NEC), réitérant ses appels à la patience et au calme.

"Cette commission est résolue à publier des résultats en temps utile, mais cela ne peut se faire au détriment de l’exactitude", a déclaré son président, Jerome Korkoya, soulignant qu’elle n’avait encore "proclamé aucun vainqueur".

Dans la province de la capitale, Monrovia, qui concentre près de 40 % des quelque 2,1 millions d’électeurs du pays et où il a été élu sénateur en 2014, sur seulement 14,8 % de bulletins dépouillés, George Weah obtenait plus de 50 %, contre 26,6 % à Joseph Boakai.

Parmi les provinces les plus peuplées de ce petit pays anglophone d’Afrique de l’Ouest, l’ancien footballeur était crédité d’une légère avance sur le vice-président dans celle de Bong (nord-est de Monrovia) et Margibi (est), tous deux devançant largement les autres candidats, sur respectivement 48 et 28 % des suffrages.

M. Boakai paraissait sans surprise devoir s’imposer dans sa province natale de Lofa (nord) sur près de 30 % des bulletins, la seule dans laquelle il semblait faire la course en tête.

- Exigence de transparence -

Après le chef des observateurs de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), l’ancien président ghanéen John Dramani Mahama, la mission d’observateurs de l’Union européenne a constaté certains problèmes d’organisation, qui ont parfois conduit "des gens à quitter le bureau sans avoir voté", a indiqué la chef de cette mission, la Belge Maria Arena.

"Pour que le résultat final soit crédible, les autorités libériennes devront faire preuve de la plus grande transparence sur le traitement des résultats, des bureaux de vote à leur validation", a-t-elle prévenu.

Le Centre Carter, qui a fait des observations similaires, souligne en outre que "la publication rapide des résultats est un bon moyen d’instaurer la confiance dans l’électorat et de prévenir la confusion et la tension".

L’ensemble des observateurs exhortent les candidats à porter tout contentieux devant la justice.La Cour suprême a indiqué cette semaine qu’elle siégerait pendant la période post-électorale pour examiner d’éventuels recours.

D’éventuelles contestations pourraient notamment venir de l’avocat et vétéran de la politique Charles Brumskine ou d’Alexander Cummings, ancien dirigeant de Coca-Cola pour l’Afrique, entre lesquels devrait se jouer la troisième place, selon les experts, et qui espèrent se qualifier pour un second tour.

Le parti de M. Brumskine s’est dit "profondément troublé par la découverte de nombreuses irrégularités" pendant le scrutin, appelant la commission électorale à différer toute annonce de résultats, menaçant de saisir la justice dans le cas contraire.

Après les Etats-Unis, historiquement liés à la plus ancienne république d’Afrique, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a "salué la tenue pacifique du scrutin" et félicité les Libériens pour s’être rendus aux urnes "en grand nombre et avec enthousiasme".

Outre leur futur chef de l’Etat, les plus de deux millions d’électeurs ont voté pour renouveler les 73 sièges de la Chambre des représentants.Les législatives ne comportent qu’un seul tour.

Mardi, la présidente sortante, qui ne pouvait plus se représenter après deux mandats de six ans, a estimé que le Liberia était "prêt pour la transition", la première d’un dirigeant élu à un autre dans ce pays "depuis trois générations".

Mme Sirleaf, prix Nobel de la paix 2011, avait déjà appelé lundi les Libériens à mesurer "le chemin parcouru" depuis la guerre civile qui a fait quelque 250.000 morts entre 1989 et 2003.

Le pays a ensuite connu une stagnation économique entre 2014 et 2016, frappé par l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest et la chute des cours des matières premières.

Pour redresser économiquement le pays, chacun des candidats a insisté sur une recette simple : le développement des routes pour M. Boakai, de l’agriculture pour le magnat des télécommunications Benoni Urey, de l’éducation et de la formation professionnelle pour MM.Weah et Cummings.

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