Congo-Brazzaville : L’opposition dresse la liste des prisonniers politiques

Par Salah Eddine, le 18 janvier 2017

Dix mois après l’élection présidentielle controversée du 20 mars, l’opposition congolaise entend ne pas renoncer. Elle a organisé ce vendredi 16 janvier, à Paris, une conférence de presse sur la situation au Congo-Brazzaville.
L’objectif : réclamer la libération immédiate des prisonniers politiques du régime en place. Selon l’opposition, depuis deux ans, plus de cinq cents opposants ont été pour les plus ‘’malheureux’’ torturés et pour les plus ‘’heureux’’ interdits de sortie du territoire, voire arbitrairement incarcérés. C’est le cas du député de Lékana, André Okombi Salissa, ancien candidat à l’élection présidentielle de mars 2016 qui bénéficie normalement de l’immunité parlementaire. Cet ex-ministre de Denis Sassou Nguesso, passé à l’opposition, est longtemps resté dans la clandestinité avant d’être arrêté la semaine dernière, soupçonné de « détention illégale d’armes et tentative d’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat ».

Un combat sans limite

Maurice Tihal, avocat et ami d’André Okombi Salissa s’est adressé dans une lettre ouverte au président Denis Sassou Nguesso : « Je vous demande d’intervenir énergiquement auprès des autorités policières et judiciaires afin que le député André Okombi Salissa soit libéré sans délai […] Alors Monsieur le président, soyez courageux et prenez une décision qui vous fera sortir par la grande porte ». Même son de cloche pour Marc Mapingou, représentant et porte-parole du Général Jean Marie Michel Mokoko, lui aussi incarcéré pour « atteiçnte à la sûreté de l’Etat » qui a les mots pleins de sagesse : « l’espoir c’est d’être capable de voir la lumière même dans l’obscurité. ». Pour les militants politiques de la diaspora, trop c’est trop ! Il faut lancer un message fort au régime, mener un combat sans limite pour un Congo libre. Certains appellent au dialogue entre les partis politiques pour une entente meilleure. D’autres pour le moins pacifiques, réclament le départ de Sassou Nguesso, au pouvoir depuis quatre décennies.

Le Congo vit depuis plusieurs mois au rythme de la guerre qui secoue le Pool, au Sud du pays. Les militaires congolais traquent le pasteur Ntumi et ses milices accusés d’avoir organisé une attaque à Brazzaville au lendemain de l’élection présidentielle. Pour l’opposition, ce déferlement de violences permet au pouvoir de se maintenir à la tête du pays malgré sa défaite à l’élection présidentielle.

Aymeric Kouassi

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