Un professeur de la Sorbonne dénonce des violences policières

Par webmaster, le 27 septembre 2016

Guillaume Vadot, maître de conférences en sociologie à l’université Paris 1, va porter plainte au parquet de Bobigny à l’encontre de la police nationale pour « abus d’autorité, violences volontaires, menaces de mort et de viol et injures ». Témoin d’un contrôle qu’il a considéré abusif, il a voulu filmer la scène. Il a ensuite violemment été pris à partie par les policiers.

« De témoin, il est passé au statut de victime »

Alors qu’il assiste à un contrôle musclé qu’il filme devant la gare de Saint-Denis, Guillaume Vadot se fait interpeller par des policiers de la Police Nationale qui lui interdisent de filmer. Au bout de huit minutes, les policiers lui infligent des coups de « Taser » (pistolet à impulsion électrique) puis lui demandent d’effacer les vidéos tournées.
S’ensuivent, selon son récit, contrôle d’identité, attouchements sexuels, injures homophobes et menaces de viol. Lors de sa conférence de presse, lundi 26 septembre, son avocat, Me Slim Ben Achour rappelle que « le droit de filmer est un droit fondamental voire vital, notamment pour le contrôle de faciès ». La victime a été contactée par la police des polices, l’IGPN (Inspection générale de la police nationale) mais son avocat préfère un dépôt de plainte au pénal à un signalement à l’IGPN. Vont êtres saisis le parquet de Bobigny mais également le Défenseur des droits.
Par ailleurs, grâce à un ami doué en informatique, le professeur a pu récupérer les vidéos supprimées.

Une scène banale à Saint-Denis

Dans la vidéo supprimée, on entrevoit la femme, subissant le contrôle, menottée au mur. L’avocat souligne en dénonçant le souhait des policiers de détruire toute preuve : un cas classique sous le motif de la volonté de secret. Parmi les trente-cinq policiers présents, une partie a été témoin et l’autre empêchait les riverains de s’approcher. Cette nouvelle affaire de violences policières intervient dans un contexte tendu dans les relations police et citoyens, notamment avec les manifestions contre la loi travail et surtout la mort d’Adama Traoré, au mois de juillet dernier, lors d’un contrôle de police.

Racky Diène

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