Présidentielle au Gabon : Ali Bongo VS Jean Ping

Par superstagiaire2, le 26 août 2016

Dernière ligne droite pour les candidats à la présidentielle du Gabon. Ce samedi 27 août 2016, les électeurs choisiront leur nouveau président entre onze candidats, opposants comme indépendants. Parmi eux, deux favoris : Ali Bongo, candidat à sa réélection et Jean Ping, ex-cacique du régime d’Omar Bongo passé dans l’opposition. A moins de 24 heures de l’élection, retour sur une rivalité.

Les origines d’une rivalité acharnée

A l’origine de la brouille entre les deux hommes, l’absence de soutien de la part d’Ali Bongo, et donc du Gabon, lors de l’élection pour un second mandat de Jean Ping à la tête de la Commission de l’UA (Union Africaine). Nourrissant des ambitions pour le Gabon, Jean Ping s’est ensuite rapidement positionné comme un pourfendeur du régime d’Ali Bongo. A l’issue de la publication du livre de Pierre Péan, « Nouvelles Affaires Africaines », dans lequel le journaliste français affirme que l’actuel président du Gabon a été adopté par feu Omar Bongo, la filiation controversée d’Ali Bongo est devenu l’un des principaux arguments de Jean Ping pour contester l’élection d’Ali Bongo en 2009, puis la candidature de ce dernier pour l’élection présidentielle de 2017. En effet, l’article 10 de la Constitution gabonaise stipule que le candidat à l’élection présidentielle doit être de père ou de mère gabonais. « Pour les opposants, qui savent qu’Ali Bongo ne peut pas gagner dans une élection transparente, cette question de l’éligibilité du président était une bouée à laquelle ils pouvaient s’accrocher » explique un ancien du PDG (parti démocratique gabonais) à RFI. Les opposants qui avaient porté l’affaire devant les tribunaux ont tous été déboutés.

Des visions différentes pour le Gabon

Malgré les attaques sur la validité de sa candidature, Ali Bongo reste pourtant confiant quant à sa victoire qualifiant son adversaire de « violent, corrompu et mauvais joueur ». Il va même jusqu’à dire que « Monsieur Ping présente un risque pour le Gabon ». L’actuel locataire (propriétaire) du Palais du Bord de mer compte sur son bilan qu’il estime satisfaisant pour séduire de nouveau les Gabonais. L’équipe de campagne du président met en avant ses actions en faveur « d’une réelle diversification de l’économie, la multiplication par trois des emplois, une couverture maladie plus importante, un investissement dans les infrastructures ainsi qu’une revalorisation du revenu mensuel et des allocations ». Le président sortant considère avoir besoin d’un nouveau mandat pour « mieux faire » et faire du Gabon, un pays émergent d’ici 2025. Un objectif déjà affiché en 2009.

Avec le slogan « Le Gabon à l’abri de la peur. Le Gabon à l’abri du besoin », Jean Ping souhaite mettre l’accent sur deux piliers : la justice et les besoins élémentaires : l’éducation, la santé et l’emploi. « Mon ambition est de relever le pays, de le libérer de la dictature. Je n’ai pas l’intention de m’accrocher au pouvoir et c’est la raison pour laquelle je m’engage devant vous à ne briguer qu’un seul mandat. Cet unique mandat de rupture me permettra de lancer les principaux chantiers de refondation de notre pays, qui permettront de remettre le pays sur les rails. » explique Jean Ping qui compte limiter les mandats présidentiels à deux.

Entre Ali Bongo et Jean Ping, les Gabonais auront le choix entre deux visions différentes du Gabon, bien que tous deux revendiquent la rupture. Les résultats seront communiqués dans les 72 heures suivant le jour du scrutin selon René Aboghe Ella, président de la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cenap).

Racky Diène
Retrouvez l’interview de Jean Ping, réalisée le 27 février dernier par notre journaliste Stéphane Zagbaï

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