RIO 2016 : l’Afrique au meilleur de sa forme

Par superstagiaire2, le 23 août 2016

Tous les quatre ans, les nations du monde entier s’affrontent lors des Jeux olympiques. Alors que les 31èmes Olympiades viennent de s’achever au Brésil, les Etats-Unis dominent au classement des médailles. Cependant, les pays africains ne sont pas en reste. Avec 45 médailles, l’Afrique a battu à Rio son record de podiums, établi à Pékin lors des JO de 2008. Un bilan positif à nuancer. Les pays africains ayant remporté moins de médailles en or qu’en 2008. Mais, ces Jeux Olympiques ont apporté de belles surprises au continent… Et pas que dans le sport.

L’Afrique de l’Ouest au rendez-vous

JPEG Contrairement aux olympiades de Londres où elle n’avait remporté aucune médaille, l’Afrique de l’Ouest revient avec quatre médailles. La Côte d’Ivoire a ainsi remporté pour la première fois un titre olympique – dans un sport plutôt méconnu en Afrique, le taekwondo- grâce au jeune Cheikh Sallah Junior Cissé. Âgé de 22 ans, le taekwondoïste ivoirien a triomphé dans la catégorie des moins de 80kg face au Britannique Lutalo Muhammad. Sa compatriote Ruth Gbagbi a quant à elle décroché la médaille de bronze des moins de 67kg.

Le Kenya, roi de l’athlétisme

JPEG Les Kenyans continuent de régner en maître sur l’empire de l’athlétisme, toujours suivi de près par l’Ethiopie. Eliud Kipchoge n’a pas dérogé à la règle. L’athlète âgé de 31 ans a été sacré champion olympique en 2 heures 8 minutes et 44 secondes au marathon et remporte ainsi la médaille d’or. Du côté du 5 000 mètres, les Kényanes Vivian Cheruiyot et Hellen Obiri ont été respectivement décorées des médailles d’or et d’argent, devançant l’Éthiopienne Almaz Ayana pourtant pressentie pour réussir le doublé 5 000/10 000 mètres. Interrogée par un journaliste de l’AFP, la championne kényane Vivian Cheruiyot a déclaré avoir travaillé en équipe avec sa compatriote : « Tout a parfaitement marché, car on s’est aidé. ». D’après elle, « après cinq tours (2000 m), [l’Éthiopienne] n’était pas aussi fluide et ne courait pas très bien. ». L’occasion s’est alors présentée pour réussir l’exploit.

Les Jeux Olympiques, un événement « occidentalo-centré » ?

Alors qu’en 1996, les pays africains n’avaient gagné des médailles que dans quatre disciplines, les sportifs du continent ont aujourd’hui brillé dans onze catégories. Preuve que les pays africains ont su s’ouvrir à d’autres sports que l’athlétisme. Mais, la grande majorité des sports présents aux JO proviennent de l’Occident. Le reste du monde et surtout l’Afrique peine à imposer ses traditions. Le 22 juin dernier, le squash figurait dans la liste des sports retenus par le Comité d’organisation de Tokyo pour les Jeux Olympiques de 2020. Malgré une campagne en sa faveur et de nombreux soutiens dont celui de Roger Federer, la discipline a été écartée. Selon Amr Feky, journaliste spécialiste du squash et consultant pour BBC Arabic, « Le squash ne sera un sport olympique que quand les États-Unis auront des joueurs susceptibles de décrocher l’or. » Pour l’instant, le sport est largement dominé par les Egyptiens qui auraient rêvé décroché la médaille d’or s’il avait été inscrit aux Jeux Olympiques. L’historien Patrick Clastres décrit l’arrivée du taekwondo et du judo que comme « des concessions à l’Asie ». Par ailleurs, l’Afrique demeure à ce jour le seul continent à ne pas avoir accueilli les Jeux Olympiques.

Les JO, une tribune politique

JPEG Médaillé d’argent au marathon juste après le Kenyan Eliud Kipchoge, l’Éthiopien Feyisa Lilesa a franchi la ligne d’arrivée en levant ses poignets liés pour protester contre la répression dont est victime son ethnie « les Oromos ». Depuis quelques mois, le gouvernement éthiopien a entamé un projet d’agrandissement de la capitale Addis-Abeba en s’appropriant les terres du groupe ethnique le plus important d’Ethiopie. Lors d’une conférence de presse pour expliquer son geste symbolique, l’Ethiopien a déclaré vouloir rester quelques temps au Brésil en attendant d’avoir un visa pour le Kenya ou les Etats-Unis : « Je vais peut-être être tué en rentrant en Ethiopie » a-t-il déclaré. Ce geste engagé restera l’un des moments forts des Jeux olympiques.

Racky Diène

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