Voyage au coeur de l’Afrique

Destination les Comores

Par Stéphane Zagbaï, le 7 juin 2016
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L’archipel des Comores est constitué de quatre îles : Grande Comore, Anjouab, Mohéli et Mayotte. Toutefois cette dernière est restée française malgré l’indépendance du pays proclamé le 6 juillet 1975. Des mesures ont été prises non seulement pour préserver la faune rare, mais aussi pour enrayer la dégradation de l’environnement, notamment sur Anjouan densément peuplée. Plus précisément, afin de minimiser l’abattage des arbres pour le carburant, le kérosène est subventionné, et des efforts sont en cours pour remplacer la perte de la couverture forestière causée par la distillation de l’ylang-ylang pour le parfum. Le Fonds de soutien au développement communautaire, parrainé par l’Association internationale de développement (IDA, une filiale de la Banque mondiale) et le gouvernement comorien, s’emploie à améliorer l’approvisionnement en eau dans les îles aussi.

La petite histoire du pays et de sa capitale

En 1946, sous tutelle française, les Comores ne sont plus rattachées administrativement à Madagascar et forment pour la première fois de leur histoire une entité administrative unie et reconnue, sous le statut de Territoire d’outre-mer (TOM).

Après la vague des indépendances des pays africains durant les années 1960, un certain nombre d’intellectuels commencèrent à réclamer l’indépendance. D’un commun accord (Accords du 15 juin 1973), dans un objectif d’indépendance concerté, la France organise la Consultation de 1974. Mayotte s’exprima différemment des trois autres îles, faisant alors le choix du maintien de son statut français.

Selon le point de vue comorien, Jacques Chirac, Premier ministre, aurait décidé de ne pas lier le sort de Mayotte à celui des trois autres îles et cela en opposition avec les écrits antérieurs sur le sujet de Valéry Giscard d’Estaing et au droit international, ce qui aurait heurté les élus des îles. Par la voix de l’Anjouanais Ahmed Abdallah fut déclarée unilatéralement l’indépendance de l’État comorien le 6 juillet 1975.

Le mode de vie

On retrouve dans les traditions et les coutumes comoriennes des influences arabes, africaines et indiennes dans le vêtement traditionnel : lesso, chiromanie (châle), kändou, kofia (bonnet pour les hommes). Mais aussi dans la gastronomie traditionnelle (samoussa,embrevade, curry, mardouf) ainsi que dans quelques rites de la vie quotidienne (la prière, les repas...). La société est matrilinéaire à la Grande Comore et à Mohéli, tandis qu’à Anjouan et à Mayotte la filiation est indifférenciée.

En Grande Comore, le grand mariage (arabe,"عدا", ’adâ, coutume ; shingazidja âda) est une tradition incontournable. Il représente les économies de toute une vie et permet d’accéder au rang de grand notable. Cet évènement social est à l’origine de la grande précarité sociale de l’île et de la corruption généralisée d’un côté, mais d’une forte cohésion sociale et des revenus importants de la diaspora, de l’autre. On peut retrouver dans les vêtements de la fille à marier un sahar et un soubaya (vêtements officiels du mariage). En réponse à des pressions internationales dans les années 1990, les gouvernements sont devenus plus préoccupés par l’environnement.

Ce que vous pouvez faire aux Comores

L’archipel compte de nombreux sites d’un intérêt touristique indéniable dans l’ensemble des îles et dispose d’un patrimoine naturel et culturel très riche. Connu pour être un sanctuaire de reptiles terrestres et d’oiseaux endémiques, l’archipel des Comores possède également une faune marine aux espèces préhistoriques ou rares dont le cœlacanthe, les tortues de mer et les dudongs. La faune terrestre, elle aussi, est loin d’être pauvre et recèle plusieurs espèces intéressantes : livingstones, makis ou encore gobes-mouches.

Les Comores disposent d’un immense potentiel halieutique qui favorise notamment une pêche au gros grâce à ses eaux chaudes. Les principaux poissons pêchés sont les thons, les espadons, les merlins noirs, les requins etc. La pêche au gros peut être pratiquée toute l’année, mais surtout de novembre à mai.

Gastronomie et recettes du terroir

Comme la cuisine créole, elle est influencée par les cuisines indienne, arabe, malgache et africaine.
Les aliments de base les plus consommés sont le riz, le manioc, les bananes vertes (ndrovi) et les fruits de mer. La noix de coco est la base de nombreuses sauces.

On peut signaler les spécialités suivantes :

• Poulet ou poisson (nkuhu hawu nfi) et bananes vertes sauce coco, présenté bien sûr avec du riz.

• Le madaba : feuilles de manioc ou de taro pilées dans un mortier et cuites très longuement dans du lait de coco, incluant ou non un émincé de poisson, le tout présenté avec du riz.

• Ntsambu ou (fr:sagou) : spécialité unique. Ce sont des noix séchées puis enterrées cinq jours pour en assurer la fermentation. Elles sont cuites enfin dans du lait de coco. Les curieux adoreront. Les autres, effrayés par une légère odeur inconnue, fuiront.

• Mkatra siniya : gâteau de farine de riz et de lait de coco (un peu lourd).

• Mkatra Gudugudu (ou mkatra djungu : gâteau au goût de cardamome, d’aspect marron.

• Les tangues : comme dans tout l’océan Indien on mange, mais essentiellement les hommes, les tangues, insectivores de la famille des tanguicités, qui ressemblent aux hérissons.

• Donace (sorte de beignets sucrés et frits), provenant de Zanzibar et qui seraient l’héritage de l’influence anglaise donuts.

• Maélé na dzywa : riz accompagné de lait caillé et parfois sucré au miel.

• Maélé na rougaï : riz accompagné d’une sauce à base de tomates et d’oignons.

• Fouryapa la Pvahwa : plat spécial pour la ville de Mitsoudjè ; du fruit à pain préparé à base de poisson et plein d’épices jaunâtre qui lui donne l’aspect jaune ; j’avoue qu’il est bon à manger mais ça reste le secret des Mitsoudjéens.

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