Santé publique France : Le paludisme

Par webmaster, le 13 mai 2016

Emission santé – Le paludisme (les nouveaux traitements et la poursuite de la recherche) – Jeudi 12 mai 2016 (9h à 10h)
Voir podcast de l’émission en bas de page

Invités :
Dr Stéphane Jauréguiberry, praticien hospitalier et spécialiste des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital de la Pitié Salpétrière.
Pr Ogobara Doumbo, médecin, chercheur, Directeur du Centre de formation et de recherche sur le paludisme à Bamako.

1 / Qu’est-ce que le Paludisme et comment se transmet-il ?
Le paludisme est une maladie bien connue des Africains… malheureusement… Le paludisme touche une centaine de pays dans le monde, particulièrement dans les zones tropicales d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine. L’Afrique est de loin le continent le plus touché… Le paludisme (aussi appelé malaria) est la maladie parasitaire transmise par des moustiques potentiellement mortelle la plus répandue au monde.
Le paludisme se transmet par le moustique. Il suffit qu’il vous pique une seule fois pour que vous attrapiez la maladie. Il faut bien rappeler que ce moustique ne fait pas de bruit en volant, et on ne sent pas sa piqure… Cette maladie peut également être transmise par des transfusions sanguines qui ne sont pas bien contrôlées dans certains pays.

2/ Le paludisme en chiffres
Ces dernières années, la lutte contre le paludisme a connu de grands progrès. Une baisse significative de la mortalité dans certains pays a été enregistrée et certains pays sont parvenus à éradiquer la pandémie. On dénombre encore plus de 400 000 décès du palu en 2015 dont 90% des décès dus à cette maladie sont survenus en Afrique sub saharienne.

3/ Les avancées des traitements
a) Une nouvelle thérapie nommée ACT pour les femmes enceintes
L’ACT pris mensuellement offre la meilleure protection contre le paludisme et ses effets néfastes chez les femmes enceintes. En effet les femmes enceintes sont les plus touchées par le palu… la grossesse provoque un affaiblissement du système immunitaire, réduisant la résistance au parasite, ce qui accroît le risque de mortalité pour la mère et le fœtus. Les femmes enceintes vivant dans les zones à risque sont piquées en moyenne 310 fois par an par des moustiques porteurs du parasite du paludisme, selon une étude faite par l’Institut National de la santé de l’enfant (NICHD) sur 300 femmes enceintes en Ouganda en 2014.

b) La piste d’un vaccin
Le groupe pharmaceutique britannique GSK a qualifié en 2013 d’"encourageants" les essais du RTS,S, son vaccin expérimental anti-paludisme destiné aux enfants d’Afrique sub-saharienne. Des chercheurs américains ont également annoncé en 2013, des résultats sans précédent dans l’élaboration d’un vaccin contre le paludisme. Les essais cliniques portaient sur une injection à base de parasites affaiblis du paludisme (le plasmodium).

4/ Les avancées de la prévention
Tous les spécialistes sont d’accord… la prévention c’est la clé pour réduire considérablement la mortalité en Afrique due au paludisme.

>>>Protections environnementales : assainissement des zones humides, lutte anti-moustiques par épandage d’insecticides.

>>>Les autres protections contre les moustiques :
Porter le soir des vêtements manches longues et pantalons légers longs, imprégnés d’insecticides.
Appliquer un produit répulsif anti moustiques sur les parties découvertes du corps. Il faut vraiment insister sur la protection individuelle par les répulsifs ou par les méthodes d’éloignement des moustiques (serpentins, prises de courant, clim) et la protection vestimentaire.
Dormir sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide. La moustiquaire reste la meilleure protection contre les piqûres de moustiques la nuit. En effet, entre 2000 et 2013, l’accès aux moustiquaires imprégnées d’insecticide a augmenté de façon importante. En 2013 près de la moitié des personnes exposées au palu en Afrique subsaharienne avaient accès à une moustiquaire imprégnée, contre seulement 3% en 2004, soit une nette hausse.

>>>Les traitements préventifs :
Il est important de rappeler aux auditeurs Africains qui résident en France qu’ils ne sont pas immunisés face au palu. Trop d’Africains se sentent intouchables, pensent qu’ils n’ont pas besoin de prendre de mesures spécifiques pour partir… C’est faux, car ils ont perdu leur immunité...
Il ne faut pas repartir au pays sans consulter un médecin qui pourra faire le point et décider des meilleurs médicaments préventifs à donner pour les parents et pour les enfants. Le choix du médicament utilisé varie en fonction du voyageur, de son âge, de ses antécédents médicaux et de la durée de son voyage.

ATTENTION LES MÉDICAMENTS NE SONT PAS EFFICACES A 100% ; IL FAUT QU’ILS SOIENT PRIS TOUS LES JOURS ET JUSQU’A PLUSIEURS SEMAINES APRES LE RETOUR DANS CERTAINS CAS. LES MÉDICAMENTS NE FONT PAS TOUT.

5/ Les symptômes et les mesures à prendre en cas de palu
IL EST TRES IMPORTANT DE RAPPELER qu’il ne faut pas attendre pour consulter dès les premiers signes inquiétants après un voyage. Il ne faut surtout pas attendre. Les résultats du dépistage sont connus quelques heures après la prise de sang.

Les manifestations sont très diverses :
Le paludisme donne toujours de la fièvre avec ou sans frissons. La fièvre, 8 à 30 jours après l’infection peut s’accompagner de maux de tête, de douleurs musculaires, de fatigue, de vomissements, de diarrhées, de toux.
Si le paludisme n’est pas traité, la maladie s’aggrave rapidement avec apparition de troubles de la conscience, coma et évolution vers le décès.
Ces signes peuvent apparaître pendant votre voyage et jusqu’à deux mois après votre retour. Dans ce cas le plus simple est de se rendre aux urgences de l’hôpital le plus proche

Consultez immédiatement un médecin, ou allez aux urgences d’un hôpital. Le paludisme peut être mortel s’il n’est pas soigné à temps.

Pour plus d’information :
www.lasantepourtous.com
www.santepubliquefrance.fr

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