Ciel africain : Une volonté d’ouverture

Par webmaster, le 12 novembre 2015

Du 8 au 10 novembre se tenait à Brazzaville la 47ème Assemblée générale annuelle de l’association des compagnies aériennes africaines (AFRAA) autour du thème “Cieux ouverts : Croissance par la compétition et la collaboration”. L’association qui regroupe 35 compagnies aériennes africaines et plusieurs dizaines de partenaires tels qu’Airbus ou Boeing était présidée cette année par Fatima Beyina-Moussa, la directrice générale de la jeune compagnie congolaise ECAir. L’occasion pour Africa N°1, qui était présent à ce sommet, de faire le point sur le développement de l’industrie aérienne africaine.

Reportage Africa 24

En mettant la compétition au centre des débats, le sommet de l’AFRAA avait un but précis. Concrétiser un vœu fait 16 ans auparavant à Yamoussoukro (1999), qui consacrait le principe du libre accès des transporteurs aériens aux liaisons intra-africaines mais qui n’est depuis que partiellement appliqué. Une décision pourtant réaffirmée au dernier sommet de l’Union Africaine par 11 Etats membres. Cette ouverture du ciel africain serait en effet un moyen tangible pour accélérer la croissance du secteur qui représente aujourd’hui à peine 3% du trafic aérien mondial. Mais même si la volonté affichée d’une libéralisation totale à l’horizon 2017 semble solide dans l’esprit des instances dirigeantes de l’AFRAA, l’application concrète de la décision de Yamoussoukro se voit encore freinée, selon une étude de la Banque Mondiale, par certains Etats qui ne souhaitent pas « exposer leurs compagnies aériennes à des normes de fonctionnement qu’elles seraient probablement incapables de respecter ».

Dans cet ordre des choses, comme le rappelle Tony Tyler, le directeur général de l’association internationale des transports Aériens, « les normes et les bonnes pratiques sont une priorité ». Il s’agit notamment de « respecter les normes internationales établies par le protocole de Montréal en 2014 ».

Le respect de ces bonnes pratiques permettrait de sortir un certain nombre de compagnies de la liste noire établie par l’Union européenne. Pour la directrice générale d’ECAir et de l’AFRAA cette année, Fatima Beyina-Moussa, dont la compagnie est encore sur cette liste, qui lui impose certaines restrictions lorsqu’elle se pose en Europe, il s’agit avant tout d’un « problème de négociation avec l’Union Européenne qui se fait aujourd’hui de manière bilatérale entre chaque Etat et l’UE ». Elle appelle de ses vœux à ce que « l’Union africaine puisse être la voix unique qui représente les compagnies africaines afin d’avoir un poids conséquent ». Mais pour que l’UA s’empare de ce dossier, il faudra avant que la « décision de Yamoussoukro soit appliquée complètement ». Le serpent se mord la queue !

Outre les problèmes de libéralisation et de normes, le secrétaire général de l’AFRAA, le Dr. Elijah Chingosho, a pointé du doigt, lors du sommet, les différents problèmes que rencontre l’Afrique pour attirer les voyageurs. Le braconnage qui menace la biodiversité, richesse inestimable du continent, les actes terroristes, notamment ceux de la secte Boko Haram ainsi que les épidémies. Il a appelé les compagnies à soutenir tous les efforts qui sont faits afin de lutter contre ces menaces. Enfin il a rappelé que les prix du carburant étaient toujours très élevés pour les compagnies aériennes africaines. Une baisse de ces prix serait pour lui « le meilleur moyen de rattraper le reste du monde en terme de tarifs de billets ».

L’ouverture du ciel africain est-il pour demain ?

Malgré les obstacles qu’il reste à franchir, on ne peut que constater une volonté partagée par les acteurs de l’aérien, les Etats ainsi que de nombreux partenaires pour que cette ouverture soit effective. L’Horizon 2017 est-il tenable ? « Sûrement pour les 11 pays qui s’y sont engagés lors du dernier sommet de l’UA » affirme Fatima Beyina-Moussa. « Et lorsque les autres pays verront ces pionniers réaliser l’objectif d’un ciel unique, et les avantages qu’ils en tireront, ils voudront faire partie de cette aventure. »

Matthieu Jean

ZOOM : ECAir, une jeune compagnie aérienne congolaise

Présente depuis 2011 dans le ciel africain, la jeune compagnie ECAir a déjà fait voyagé plus d’un millions de personnes. Avec son accueil chaleureux et son slogan efficace "Bienvenue chez vous" elle offre une image dynamique et sûr digne des grandes compagnie.

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