La consultation du peuple congolais par le président Denis Sassou N’Guesso : une initiative « légitime » selon François Hollande

Par webmaster, le 23 octobre 2015

Le chef de l’Etat français est revenu mercredi 21 octobre sur le référendum organisé en République du Congo pour la modification de la constitution. Dans le cadre d’une rencontre avec le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, il a demandé à ce que la situation avant le scrutin « s’apaise » pour laisser place au respect et au rassemblement.

La réaction de François Hollande était attendue après les heurts entre policiers et manifestants à Brazzaville lundi et mardi. Secouée par les meetings d’opposants au référendum, la capitale du Congo a été le théâtre d’affrontements meurtriers, avec 4 personnes tuées dans des tirs à balles réelles, selon un bilan officiel. Alors que les Etats-Unis ont exprimé leur « inquiétude » après l’annonce du référendum, le président français a surpris en soutenant à demi-mot le projet de son homologue congolais mercredi à l’Elysée. Selon François Hollande, Denis Sassou N’Guesso est « dans son droit » en consultant souverainement le peuple pour modifier une constitution qu’il a lui-même mis en place en 2002. Ce projet devrait permettre au président congolais de briguer un nouveau mandat.

Immédiatement après ces déclarations, l’association Survie, qui lutte contre la Françafrique, a dénoncé une « persévérance » d’intérêts économiques et stratégiques « au moment où des citoyens congolais meurent sous les assauts du régime ». Au-delà de la répression policière, des atteintes aux activités des médias ont également été constatées dans le pays, où l’internet mobile a été coupé ainsi que le signal de la radio RFI pendant les journées de lundi et mardi. Par ailleurs le ministre des Affaires Etrangères français Laurent Fabius a rencontré son homologue congolais peu après les déclarations de François Hollande. Là encore, Survie critique cette entrevue par la voix de son vice-président Mathieu Lopes, qui parle de « provocation criminelle » et d’insulte « à tous les Congolais et démocrates africains. La France doit supprimer immédiatement sa coopération militaire avec le régime de Sassou N’Guesso au risque d’être à l’origine de ses massacres et exactions » prévient-il.

Mise à jour du 23/10 : Dans l’après-midi du 22 octobre, l’Elysée a publié un communiqué sur son site dans lequel le président français François Hollande condamne les violences au Congo-Brazzaville et rappelle son attachement à la liberté d’expression. Lire le communiqué : http://www.elysee.fr/communiques-de-presse/article/evenements-en-republique-du-congo/

Yanis Mansouri

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