6 juin 2013

Madagascar reporte la présidentielle au 23 août, au risque de s’isoler

Le président de la Transition de Madagascar Andry Rajoelina assiste à une cérémonie le 13 mai 2013 à Antananarive ©AFP


ANTANANARIVO (AFP) - (AFP)

L’élection présidentielle à Madagascar,
étape indispensable au rétablissement de la
démocratie, a été reportée au 23
août par le gouvernement de transition mais le flou
demeurait jeudi sur l’attitude de la communauté
internationale qui risque de se retirer du processus.

Le premier tour de l’élection avait été
initialement prévu le 8 mai.

Il a été reporté une première fois au 24
juillet, date entérinée par la communauté
internationale, mise à contribution pour aider
financièrement Madagascar à organiser le scrutin
et qui a joué les médiateurs depuis le
renversement de l’ancien président Marc Ravalomanana il
y a quatre ans.

Mais la machine électorale s’est à nouveau
grippée, et dans un communiqué, le conseil du
gouvernement a "pris acte" du fait que la Cour
électorale spéciale (CES) avait invoqué
"un cas de force majeure" justifiant un report du scrutin.

Les blocages, élégamment qualifiés de "cas
de force majeure" et hypothéquant la tenue des
élections à Madagascar, sont de plusieurs natures.

Tout d’abord, l’ancien maire d’Antananarivo Andry Rajoelina,
qui gouverne depuis 2009 sans avoir été élu,
n’a pas démissionné dans les délais impartis.

En outre, il a déposé sa candidature hors
délai et renié sa promesse de ne pas se présenter.

M. Rajoelina n’est pas le seul à poser problème aux
yeux de la communauté internationale.

Deux autres candidatures sont contestées par l’Union
Africaine et le reste de la communauté internationale
qui les considèrent comme "illégitimes" :
celle de Mme Lalao Ravalomanana qui se présente au nom
de la mouvance de son mari, alors qu’il avait également
promis de se tenir à l’écart, et celle de l’ancien
chef d’Etat malgache Didier Ratsiraka.

M. Ratsiraka
et Mme Ravalomanana n’ont pas résidé
physiquement à Madagascar six mois avant le
dépôt de dossier, condition pourtant exigée
par la loi électorale.

Lundi, tous les acteurs politiques malgaches et les organes
de réconciliation nationale avaient tenté
l’impossible et s’étaient réunis pour une
conférence de la dernière chance.

Une majorité de participants s’était mise d’accord
pour demander le retrait des trois candidatures
controversées.Leur requête s’est heurtée au
refus de la CES mercredi.

D’après la "feuille de route" de sortie de
crise, qui prévoit l’organisation d’élections
transparentes et crédibles à Madagascar, il
revient à la Commission électorale (Cenit) et aux
Nations Unies de décider conjointement du calendrier électoral.

Le gouvernement avait en ce sens demandé il y a une
semaine à la Cenit de statuer, avant de d’annoncer un
report jeudi.

"Le gouvernement ne respecte pas les textes.D’ailleurs
ils ne parlent que du premier tour alors que normalement
c’est un tout qui doit être validé par la Cenit et
les Nations Unies", a dit à l’AFP le juriste Jean
Eric Rakotoarisoa.

Le Groupe International de contact (GIC), qui rassemble tous
les représentants de la communauté internationale
à Madagascar, doit se réunir le 26 juin pour
décider d’un éventuel retrait du processus électoral.

Les médiateurs de la Communauté de
développement d’Afrique australe (SADC) ont
déjà menacé et condamné un processus
entaché par des "irrégularités".

"La communauté internationale ne peut pas être
associée à des actes qui violent la constitution
d’un Etat membre", a déclaré mercredi le Dr
Leonardo Simao, chef de délégation de la SADC
à la fin d’une visite d’une semaine dans la Grande Ile,
faisant référence à la validation des
candidatures controversées par la CES.

La Grande Ile apparaît comme de plus en plus isolée.

Privé des aides internationales depuis 2009, le pays a
besoin de la tenue d’une élection crédible et
transparente, dont le résultat serait reconnu par tous,
pour revenir dans le concert des nations.

Dans la même rubrique :

  • Le journal BBC Afrique Matin

  • Le journal BBC Afrique Midi

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