24 avril 2013

Egypte : le chef du Pentagone plaide pour des réformes et la stabilité

Le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel (G) et le président égyptien Mohamed Morsi (D), le 24 avril 2013 au Caire ©AFP


LE CAIRE (AFP) - (AFP)

Le
secrétaire américain à la Défense Chuck
Hagel a pressé mercredi au Caire le pouvoir du
président islamiste Mohamed Morsi à poursuivre sur
la voie des réformes et à oeuvrer pour la
stabilité régionale.

M. Hagel, arrivé mercredi pour une visite-éclair, a
rencontré son homologue, le général Abdel
Fattah al-Sissi avant de s’entretenir avec le chef de l’Etat.

Le chef du Pentagone a "exprimé le soutien des
Etats-Unis pour des réformes politiques et
démocratiques en Egypte", a rapporté un de ses
collaborateurs à des journalistes voyageant avec la
délégation américaine.

M. Hagel "les a encouragés à continuer pour de
multiples raisons, en particulier la stabilité de
l’Egypte et de la région", a-t-il poursuivi sous
couvert de l’anonymat.

Il a salué le "rôle responsable" de
l’armée égyptienne dans "cette période
difficile" de l’histoire du pays, où elle a
assumé le pouvoir après le départ de M.
Moubarak début 2011, et assure un rôle plus
effacé mais influent depuis l’élection de M. Morsi
en juin 2012.

Le général Sissi a assuré "que l’Egypte
comprend et assume ses responsabilités en matière
de sécurité dans le pays, y compris aux
frontières", a rapporté ce responsable
américain après l’entretien.

L’Egypte est
en particulier sous pression pour mieux contrôler la
péninsule sensible du Sinaï, frontalière de
l’enclave palestinienne de Gaza et d’Israël, où la
sécurité s’est fortement dégradée depuis
la chute de Hosni Moubarak.

Dernier incident en date, deux roquettes tirées du
Sinaï égyptien, selon l’armée
israélienne, se sont abattues il y a une semaine dans
la ville israélienne d’Eilat, sur la mer Rouge, sans
faire de victime.Cette attaque a été
revendiquée par un groupe salafiste basé à Gaza.

L’Egypte a longtemps été l’un des alliés les
plus solides des Etats-Unis dans la région mais depuis
la chute de M. Moubarak, Washington doit composer avec une
nouvelle réalité politique et un gouvernement plus
indépendant au Caire.

Des responsables américains affirment malgré tout
que les relations cultivées ces dernières
décennies dans le domaine de la sécurité
entre les deux pays ont résisté à ces
changements et que les responsables militaires
américains communiquent toujours avec la puissante
armée égyptienne.

"Le secrétaire à la Défense peut prendre
son téléphone et avoir son homologue à qui
nous pouvons parler à tout moment", a dit un haut
responsable du Pentagone à la presse la semaine
dernière, avant la tournée de M. Hagel.

"En dépit des changements dans l’armée
égyptienne et dans le système politique, cela a
été une constante", a-t-il ajouté.

Le chef de la
diplomatie américaine, John Kerry, a toutefois
récemment exprimé la "réelle
inquiétude" de Washington face à
l’évolution de l’Egypte sous M. Morsi, en matière
notamment de liberté de presse et d’expression.

La visite de M. Hagel survient également dans un climat
de profonde crise politique, où l’opposition
égyptienne dénonce un accaparement de plus en plus
prononcé du pouvoir par les Frères musulmans dont
est issu le président.

Les Etats-Unis continuent de fournir plus d’un milliard de
dollars d’aide militaire annuelle à l’Egypte.Cette
aide a toujours été vue comme un moyen de garantir
le respect par Le Caire des accords de paix avec Israël.

Il s’agit de la première visite de M. Hagel au
Moyen-Orient en tant que secrétaire à la
Défense.Il s’est d’abord rendu en Israël, puis en
Jordanie et en Arabie saoudite.Après l’Egypte, il est
attendu mercredi en fin de journée aux Emirats arabes unis.

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