Guinée: l'opposition suspend ses manifestations après une offre de médiation internationale

16 mai 2018
Par AFP
L'opposition guinéenne a annoncé mercredi la suspension de ses manifestations de protestation contre les résultats des élections locales de février, après avoir, selon elle, reçu une offre de médiation de représentants de la communauté internationale. Après l'intervention des ambassadeurs notamment des Etats-Unis et de l'Union européenne, une réunion plénière de l'opposition a décidé de "suspendre" les manifestations de rues, a indiqué à l'AFP son chef de file, Cellou Dalein Diallo.En revanche, l'opposition continuera à boycotter le "dialogue interguinéen" visant à trouver une solution au contentieux électoral, a-t-il précisé.L'opposition conteste la victoire aux élections locales du 4 février du parti au pouvoir, le RPG, face à l'UFDG de l'ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo, principal opposant au président Alpha Condé.Elle avait manifesté en février et mars, avant d'accepter début avril de dialoguer avec le gouvernement du président Alpha Condé. Elle avait annoncé le 10 avril la suspension de ces pourparlers face au refus du pouvoir, selon elle, de trouver une solution au contentieux électoral, et avait repris lundi ses manifestations en organisant une journée "ville morte" à Conakry.Mardi, les ambassadeurs des Etats-Unis, de France, de l'UE, et des représentantes du Programme de développement des Nations unies (Pnud) et de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ont rendu visite au leader de l'opposition, selon M. Diallo."Ils m'ont demandé de suspendre nos manifestations de rues et de leur donner une chance d'entreprendre quelques choses auprès du camp d'en face et c'est ce que nous avons fait", a expliqué M. Diallo."Nous les avons encouragés à continuer les démarches informelles afin de rapprocher les positions pour de trouver une solution juste et équitable au contentieux électoral et pour favoriser la libération des 120 militants de l'opposition arbitrairement arrêtés et injustement détenus depuis le 4 février ", a-t-il ajouté.Les deux mois de manifestations de l'après-scrutin, entachées de violences, avaient fait au moins douze morts.Selon l'opposition et les comptages de la presse et des ONG de défense des droits l'homme, 94 opposants ont été tués en Guinée, en majorité par balle, au cours de manifestations politiques depuis avril 2011.