La Suisse ouvre une enquête sur le fonds souverain angolais

22 mai 2018
Par AFP
Les autorités suisses ont mené des perquisitions dans le cadre d'une enquête criminelle visant des soupçons de blanchiment d'argent lié au fonds souverain angolais, a annoncé mardi le Ministère public de la Confédération (MPC). Dans un courriel adressé à l'AFP, le MPC déclare "avoir ouvert une procédure criminelle en avril 2018 en réponse à des informations de blanchiment d'argent (...) par des personnes non identifiées impliquant des actifs détenus par la Banque nationale d'Angola (BNA) et le Fondo Soberano de Angola, le fonds souverain angolais".Dans le cadre de cette enquête, les autorités helvétiques ont mené mercredi dernier "des perquisitions dans différents endroits de Suisse", ajoute le message, sans toutefois fournir d'autres détails.Ces opérations interviennent après que le fils de l'ancien président angolais Jose Eduardo dos Santos a été inculpé par la justice de son pays, soupçonné d'avoir organisé le détournement de 1,5 milliard de dollars alors qu'il dirigeait le fonds souverain de ce pays riche en pétrole.Jose Filomeno dos Santos, surnommé Zenu, avait été nommé en 2013 par son père à la tête de ce fonds doté d'un capital de 5 milliards de dollars.Il a été limogé de son poste en janvier par le nouveau président de l'Angola, Joao Lourenço. En mars, il a été inculpé de "fraude, détournement de fonds, trafic d'influence, blanchiment d'argent et association criminelle", pour avoir ordonné un virement suspect de 500 millions de dollars.Jose Eduardo dos Santos a dirigé l'Angola pendant trente-huit ans, un règne sans partage pendant lequel il a mis l'économie du pays en coupe réglée au profit d'une poignée de proches.Sa fille Isabel dos Santos, qui dirigeait la compagnie pétrolière publique Sonangol jusqu'à son limogeage en novembre 2017, est elle aussi accusée de détournement de fonds.La "princesse", comme la surnomment les Angolais, est considérée comme la femme la plus riche d'Afrique par le magazine américain Forbes.Le nouveau président angolais Joao Lourenço, qui a pris le pouvoir en septembre, a congédié, au nom de la lutte contre la corruption, de nombreux barons de l'ancien régime.